LH56 - La LH de la nouvelle année

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[Sur le consentement et l’autisme]

[Sur le consentement et l’autisme]

Après avoir écrit beaucoup d’horreurs dans la LH (la fanfiction de l’horreur, les télénuisances, etc), je souhaite un peu entamer mon arc de rédemption. Je pense qu’une bonne façon de le faire consiste à prendre un sujet qui me tient à cœur, et d’en parler avec mon tact habituel. L’actualité est assez intense, et depuis quelque temps maintenant, je traîne beaucoup sur Reddit. Si d’ordinaire j’y vois des choses plutôt plaisantes (ou cringesque, mais je suis consentent à ça), j’y observe de temps en temps des choses qui me poussent à un rant interne.

Aujourd’hui, je vais parler de consentement et de trouble du spectre autistique, notamment sous l'emblème de la communication non verbale. Si vous ne savez pas ce qu’est le consentement (c’est problématique), je vous conseille de vous renseigner dessus avant de lire cet article et avant d’effectuer toute action, d’ailleurs. Si vous ne savez pas ce qu’est le trouble du spectre autistique (TSA pour faire court), je vous laisse aussi vous renseigner. Notamment, si vous pensez qu’un autiste c’est quelqu’un qui se tape la tête contre les murs et est capable de vous dire combien d’allumettes sont tombées par terre, renseignez-vous s’il vous plaît. Bien, maintenant que vous êtes renseignés sur ces sujets, c’est parti :)

Très souvent, je vois des gens qui se questionnent sur la nature du consentement, sur sa présence, et qui s’inquiètent, des fois, de sa “surprésence”. Par “surprésence”, j’entends que certaines personnes peuvent demander “trop” de fois ou “trop” souvent si leur partenaire est toujours consentant. C’est quelque chose qui revient assez souvent, sur différentes plateformes, notamment Reddit. L’expression du consentement (quand il est donné), à l’image de l’autisme, est un spectre dont voici les deux extrêmes : je peux consentir absolument à une certaine liste d’actes, sans que cette liste n’ait été verbalisée au préalable, et ainsi ne jamais verbaliser le consentement, ou au contraire, à chaque étape, à chaque acte, et en plusieurs moments, demander le consentement.

Si j’écris ce petit article, c’est avant tout pour sensibiliser sur un sujet bien précis. J’ai souvent pu voir des gens dire qu’il y a “trop” de demandes de consentement, et même si c’est un point de vue auquel je n’adhère absolument pas, je peux entendre que certaines personnes puissent voir leur excitation diminuer à chaque demande, souhaitant absolument que tout se fasse naturellement, et par là même que leur partenaire soit à l'affût de leur moindre fait et geste, mouvement de tête, battement d’yeux, sourcils froncés, j’en passe et des meilleurs. Leur partenaire devrait donc être capable de lire ces choses là, ce non verbal, et de déduire la procédure à suivre. Et si cela est probablement possible pour bon nombre d’entre nous, il reste un problème : certaines personnes, notamment celles sur le spectre de l’autisme, peuvent tout bonnement être incapable de telles prouesses.

Bien souvent, il n’est même pas affaire de sexe, mais simplement de communication. Lorsqu’une personne “neurotypique” (vous pouvez entendre “”””normale””””) communique, il y a plein de petites micro-expressions faciales, qui mises bout à bout ajoutent de l’information au discours (parfois absent) de la personne. Le cerveau étant bien fait, il est en général capable, de manière inconsciente, de comprendre cette information non verbale. Le hic, c’est que pour les personnes neuroatypiques, cette tâche est compliquée. Si l’on prend le cas d’une personne sur le spectre autistique, il faudra que cette personne réfléchisse, analyse, de manière consciente ces expressions, ce qui rajoute une immense charge pour elle. On a souvent le cliché de l’autiste qui part s’isoler, et il y a une forme de vérité là dedans. Ce n’est pas tant qu’une personne autiste a peur du monde (ça peut arriver, bien entendu), mais que de devoir réfléchir de manière constante, pendant des heures, au discours et aux expressions des gens, c’est extrêmement fatigant. Et, c’est sans parler des nuances dans le langages, du second degré, de l’implicite qui peut être difficile. Si l’on veut faire un parallèle, on peut prendre celui des conversations sur internet. On entend souvent dire qu’il est impossible de savoir si un tweet est de l’humour ou non. En fait, de manière générale, la communication sur internet, sans emojis, ressemble assez au quotidien d’une personne sur le spectre. Les textes sont lus et interprétés littéralement, et cela donne parfois lieu à des situations cocasses, à de mauvaises interprétations. On rajoute donc les emojis. Pour finir le parallèle, vous pouvez imaginer qu’une personne autiste voit très mal les emojis, et quand elle les voit, ne sait pas les interpréter sans aller regarder un dictionnaire. C’est un peu caricatural, bien sûr, mais c’est en tout cas, selon moi, une bonne façon de se représenter “ce que ça fait”.

C’est là un problème généralisé dans notre société : celui de l’invisibilité des différences. Beaucoup de gens, par ailleurs de bonnes personnes, ne font malheureusement pas assez attention aux choses qui les entourent, aux gens autour d’eux, et ne réfléchissent pas au fait que certain .es ont une perception du monde bien différente de la leur. Une solution toute trouvée, et paradoxalement pratiquée par les personnes sur le spectre, consiste à verbaliser les choses, afin de rendre la communication claire pour tous.tes.